Le bassin de l’Argens face au changement climatique

Synthèse de l’étude de vulnérabilité du bassin aux impacts hydrologiques du changement climatique. L’objectif était d’élaborer un scénario d’adaptation qui pourra guider le territoire dans les décennies à venir.

Durée de l’étude Avril 2024 à juin 2026

Déroulé
3 phases

Échelle d’analyse
7 sous-bassins

Résultat
49 actions proposées

Nous vous présentons la synthèse de juillet 2026 publiée par le Syndicat Mixte de l’Argens. Tous les chiffres viennent de ce document, qui reste la référence.

Le bassin versant de l’Argens et, en aval, sa nappe alluviale ont été identifiés en situation de déséquilibre quantitatif dans le cycle 2010-2015 du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE).

Le déficit a été objectivé en 2013. Il impose de réduire les prélèvements, de l’ordre de 30 à 70 % selon les bassins.


30 à 70 % de réduction des prélèvements nécessaire selon les bassins, d’après le déficit objectivé en 2013.

Phase 1

Phase 2

Phase 3

  • Caractérisation du climat passé et de son évolution, à l’échelle du bassin et des 7 sous-bassins.
  • État des lieux actuel des ressources superficielles et tendances passées.
  • Caractérisation des usages de l’eau actuels, préleveurs et non préleveurs, et de leur évolution : prélèvements et socio-économie.
  • Consultation : une vingtaine d’entretiens avec les acteurs de l’eau du territoire.
  • Première approche qualitative de la vulnérabilité du bassin au changement climatique.
  • Choix des indicateurs des facteurs d’exposition, climatiques et hydrologiques.
  • Choix des scénarios tendanciel et contrastés du climat, à partir d’Explore 2.
  • Description des impacts hydrologiques du changement climatique sur les ressources.
  • Choix des indicateurs de sensibilité et calcul des scores de vulnérabilité par territoire.
  • Concertation : constitution du panel et animation de 2 ateliers multi-acteurs territorialisés, en amont et en aval.
  • Traitement et hiérarchisation des informations des phases 1 et 2, valorisation de Var’Eau 2050 et proposition d’un bouquet d’actions.
  • Concertation : un atelier multi-acteurs à l’échelle du bassin pour consolider la stratégie et les propositions d’actions, et pour hiérarchiser les critères de l’analyse multicritères (AMC).
  • Analyse multicritères pour prioriser les actions.
  • Rencontres avec les acteurs, en Commissions Territoriales, pour consolider la priorisation.
  • Territorialisation des actions selon les résultats du diagnostic de vulnérabilité.
  • Argens amont
  • Argens médian
  • Argens aval
  • Bresque
  • Caramy-Issole
  • Nartuby
  • Aille
  • Précipitations
  • Température
  • Évapotranspiration
  • Jours secs
  • Débit moyen
  • Volumes
  • Étiage
  • Cycles

Température
+0,43 à +0,96 °C
sur 30 ans Une hausse de l’évapotranspiration accompagne le réchauffement.

Précipitations
Cumul annuel stable
Pas de variation du cumul annuel de pluie, mais une diminution du cumul en hiver.

Étiage
Débits d’étiage en baisse
L’étiage est le plus petit débit d’une année. Il baisse pour l’Argens et pour ses affluents.

Le volume prélevé sur le bassin de l’Argens s’élève à 82,5 millions de m³ par an en moyenne. Les consommations sont réparties surtout entre l’eau potable (AEP) et les canaux d’arrosage ou d’irrigation.

Eau potable

L’eau potable provient surtout de ressources souterraines. La part importante des volumes prélevés dans les ressources superficielles est accentuée par les volumes exportés vers la Métropole de Toulon depuis la retenue de Sainte-Suzanne, dans le bassin du Caramy-Issole. Les volumes prélevés pour l’eau potable baissent légèrement depuis 2018.

Eau achetée à l’extérieur

Des achats d’eau ont lieu depuis l’extérieur du bassin, surtout pour l’eau potable. La Société du Canal de Provence importe de l’eau depuis les barrages de Sainte-Croix et de Saint-Cassien.

Agriculture

11 % de la surface agricole utile (SAU) du bassin est irrigable, répartie sur un quart des exploitations agricoles du territoire. 6 % de la SAU est irriguée.

Autres usagers

D’autres usagers pèsent sur le plan socio-économique, notamment les usagers non préleveurs : canoë-kayak, pêche, baignade et autres loisirs de l’eau.

L’étude s’appuie sur les résultats, publiés en juin 2024, des modélisations climatiques et hydrologiques du projet national Explore 2, qui réunit les grands acteurs de la recherche française (BRGM, IPSL, EDF, Météo-France, IRD, CNRS). Elle complète l’approche Var’Eau 2050 du Département en y ajoutant l’évolution du débit des cours d’eau.

Température
Jusqu’à +5,1 °C d’évolution à la fin du siècle.

Débit d’étiage
−44 % puis plus de −60 % à horizon proche (2041-2070), puis à horizon plus lointain (2071-2100).

Volume écoulé par an
−1/3 en 2050, environ −2/3 en fin de siècle dans les cours d’eau.

  • L’hiver change nettement, avec une hausse pouvant atteindre 70 % en janvier.
  • A horizon proche, l’évolution des précipitations est très peu significative. C’est surtout l’évapotranspiration, liée à la température, qui pèsera sur la ressource en eau.
  • À horizon plus lointain, les précipitations pourraient diminuer et les années « type 2022 » pourraient devenir beaucoup plus fréquentes.

La méthode a été élaborée en 2023 dans le cadre du projet national LIFE Eau & Climat. Elle croise ce que le climat va faire au territoire avec la fragilité de ce territoire.

Milieux
Milieux aquatiques et biodiversité

Eau potable
Alimentation en eau potable (AEP)

Canaux et irrigation
Agriculture et canaux d’arrosage

Des scores d’exposition au changement climatique sont calculés pour un scénario choisi. Le croisement des scores de sensibilité et d’exposition, territoire par territoire, donne les scores de vulnérabilité.

Chaque case indique le score de vulnérabilité, puis le calcul exposition × sensibilité dont il découle. Plus la case est foncée, plus le score est élevé.

Le Nartuby obtient le score le plus élevé pour les milieux (16) et pour l’eau potable (15). Il partage le score le plus haut pour l’agriculture et les canaux (12) avec la Basse Vallée.

Comment lire ces scores
Les scores servent à orienter les décisions et à prioriser les actions par territoire. Ils ne peuvent pas être comparés à une démarche menée hors du bassin de l’Argens, sauf si elle prend exactement les mêmes indicateurs. Ils n’ont pas vocation à comparer ou à hiérarchiser les enjeux entre eux.

Eau potable et ressources extérieures
Le recours aux ressources extérieures n’est pas pris en compte. Le traiter comme une baisse de la sensibilité supposerait de connaître leur exposition, hors bassin de l’Argens et hors étude, et leur capacité future à répondre aux besoins, développement inclus. Cette capacité est inconnue à ce jour, dans l’attente des études sur la Durance et de la prospective régionale.

Les vulnérabilités sont évaluées dans un scénario socio-économique constant. Le diagnostic répond à cette question.

Co-construits avec les acteurs du territoire, les scores permettent d’identifier les priorités d’action. Ils éclairent deux choix : sur quels sous-bassins agir en priorité, et sur quels usages.

Les modalités d’action sont multiples et complémentaires : sobriété, économies d’eau, sensibilisation, substitution. La troisième et dernière phase de l’étude a permis d’élaborer, de manière concertée, une stratégie d’adaptation du territoire.

  1. Planification et gouvernance
    Améliorer la connaissance, mesurer les prélèvements, mobiliser les élus, articuler les politiques publiques (aménagement, agricole, etc.) et gérer collectivement.
  2. Efficacité des usages
    Agir sur les infrastructures et réduire, voire supprimer, les volumes prélevés mais non consommés.
  3. Sobriété des usages
    Baisser durablement les consommations et agir sur les comportements et les pratiques.
  4. Milieux aquatiques
    Solutions fondées sur la nature : restauration, renaturation, protection, préservation.
  5. Substitution
    Solutions ciblées, sans risque de mauvaise adaptation.

Un panel de 49 actions

Le panel a été constitué à partir des leviers d’adaptation issus de Var’Eau 2050 et des propositions recueillies en ateliers.

Une analyse multicritères a évalué l’opportunité socio-économique de ces actions. Elle permettra aux décideurs concernés de se prononcer sur le plan d’actions le plus pertinent, celui qui inscrira le territoire sur une trajectoire d’adaptation au changement climatique, dans le cadre d’une gestion structurellement équilibrée de la ressource en eau.

Cette analyse a permis de prioriser les actions. Le retour des acteurs dans les Commissions Territoriales a ensuite affiné ces priorités. Pour territorialiser les priorités d’action, les résultats du diagnostic de vulnérabilité ont aussi été pris en compte, ce qui fait remonter le niveau de priorité d’un ensemble d’actions.