Plantes envahissantes

Plantes envahissantes
de la Région Méditerranéenne

Un guide scientifique recensant les 15 espèces végétales exotiques les plus problématiques pour les écosystèmes méditerranéens français.

15

Espèces répertoriées

2

Régions couvertes

100+

Acteurs mobilisés

2003

Année de publication

⚠️ Enjeu mondial : Les invasions biologiques sont la 2e cause d’extinction d’espèces, juste après la destruction des habitats naturels. Le patrimoine naturel méditerranéen est particulièrement vulnérable.

1. Contexte et objectifs

Ce guide, publié en 2003 par l’Agence Méditerranéenne de l’Environnement (AME) et l’Agence Régionale Pour l’Environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARPE PACA), en partenariat avec le Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles, recense les 15 espèces végétales exotiques les plus envahissantes des espaces naturels de la région méditerranéenne française continentale.

Une plante envahissante est définie comme une « espèce exotique naturalisée dans un territoire qui modifie la composition, la structure et le fonctionnement des écosystèmes naturels ou semi-naturels dans lesquels elle se propage » (Cronq et Fuller, 1995). Selon la règle de Williamson, une plante introduite sur mille devient envahissante.

Ce guide est destiné aux gestionnaires d’espaces naturels, aux professionnels de l’horticulture et du paysage, et au grand public. Pour chaque espèce, il décrit sa biologie, ses nuisances, les méthodes de contrôle disponibles et propose des plantes de substitution.

2. Les 15 espèces recensées

Les espèces ont été sélectionnées sur la base d’enquêtes menées auprès des gestionnaires d’espaces naturels et de milieux aquatiques de PACA et du Languedoc-Roussillon.

3. Principaux impacts

🌿 Biodiversité

  • Compétition avec la flore locale indigène
  • Menace sur les espèces rares et protégées
  • Production de substances toxiques (allélopathie)
  • Modification de la structure des écosystèmes
  • Perturbation de la faune sauvage

🏥 Santé publique

  • Ambroisie : première cause d’allergies polliniques
  • Rhinites, asthme, conjonctivites (6 % de la pop. du Rhône)
  • Blessures cutanées (herbe de la pampa)
  • Substances toxiques pour l’homme (Robinier, Séneçon)

🌊 Milieux aquatiques

  • Modification des paramètres physico-chimiques de l’eau
  • Obstruction des canaux et prises d’eau
  • Formation d’embâcles lors des crues
  • Accélération du comblement des zones humides

🏗️ Activités humaines

  • Diminution des rendements agricoles
  • Dégradation des pâturages et valeur fourragère
  • Risques d’incendie accrus (mimosa, herbe de la pampa)
  • Dégâts sur les infrastructures urbaines (Ailante)

4. Méthodes de contrôle

Il est illusoire de vouloir éradiquer une plante envahissante sur un lieu donné, à moins que l’envahissement n’en soit qu’au stade initial. Une combinaison de plusieurs techniques se révèle généralement plus efficace. Tout site traité doit être surveillé pendant plusieurs années.

Lutte mécanique

Arrachage manuel (de préférence sur sol humide pour extraire les racines), fauche répétée avant floraison, gyrobroyage, dessouchage, encerclage du tronc pour interrompre la circulation de sève. Efficace en stade initial d’envahissement, nécessite un suivi pluriannuel.

🧪 Lutte chimique

Herbicides systémiques appliqués en complément des méthodes mécaniques ou en dernier recours — sur jeunes plants, souches fraîchement coupées ou feuillage. Les végétaux traités doivent être récoltés et évacués. Précautions indispensables en milieu aquatique.

🐛 Lutte biologique

Plusieurs insectes et champignons spécifiques sont à l’étude pour différentes espèces. Le pâturage ciblé peut être efficace sur les jeunes pousses. Des assecs estivaux ont été testés avec succès pour les jussies. La plantation d’espèces locales concurrentes après traitement est fortement recommandée.

5. Partenaires du programme

Agence Méditerranéenne de l’Environnement (AME)

Région Languedoc-Roussillon · Coordination du programme

ARPE Provence-Alpes-Côte d’Azur

Agence Régionale Pour l’Environnement · Co-éditeur

Conservatoire Botanique National de Porquerolles

Partenaire scientifique principal · Rédaction