Depuis quelques années (apparition en 1980) une maladie, « la flavescence dorée », affecte les vignes de France et sa progression d’années en années la rapproche de notre zone viticole.
C’est une maladie à phytoplasme qui est propagée par un insecte, la cicadelle Scaphoideus titanus originaire d’Amérique du Nord, arrivée milieu du XXème et qui n’a pas trouvé ici de prédateur ou parasites susceptibles d’exercer une action significative à son égard. Cela entraîne la mort du cep de vigne et aucun traitement chimique ne vient à bout ou ne le protège de la maladie.
Compte tenu de son apparition en vignoble bordelais où la viticulture a un poids économique majeur et où le bio n’a pas sa place (région viticole avec la plus faible production BIO) les autorités agricoles avaient décidé d’imposer le traitement insecticides sur toutes les zones affectées et au delà en créant des zones de « confinement » Et Oui comme nous !
Adieu tout les insectes, surtout les abeilles, et tant pis pour les éventuels effets sur les humains.
La
maladie est arrivée dans le 83 après avoir envahie le 84 et le
13.
Étonnant ? Malgré la destruction des cicadelles ?
Mais
quand l’administration édicte un règlement pas question de le
supprimer.
Sauf que vu les réactions des viticulteurs Bio et
des associations de protection de l’environnement, une consultation
publique a été mise en place, en PACA,
elle a lieu entre le 16 Avril et le 7 Mai 2020 sur le projet d’arrêté
préfectoral régional de lutte contre la flavescence dorée de la
vigne pour la campagne 2020.
Vous
pouvez y répondre sur le site internet de la DRAAF
:
http://draaf.paca.agriculture.gouv.fr/Avis-de-consultation-du-public-sur,2302
Vous
y trouverez :
– les cartes des zones affectées des
communes de Carcès, Le Thoronet, Cotignac, Monfort sur Argens et
Tavernes. Donc aux portes de St Antonin
– la fiche
d’observation que vous pouvez remplir et renvoyer à l’adresse
suivante : sral.draaf-paca@agriculture.gouv.fr
Le
délai de retour des observations est fixé au 07 mai 2020.
Nous vous invitons, habitants et/ou viticulteurs, à y répondre.
Il existe deux traitements principaux en préventif pour lutter contre la cicadelle : l’un est chimique, l’autre est « naturel », le pyrèthre, mais tout autant, voire plus toxique au final, en rappelant que l’on peut comme décrit ci-dessous d’abord bloquer le développement de la maladie mais pas la supprimer.
La
méthode mise en œuvre pour s’en protéger avant l’imposition du
traitement :
D’abord apprendre à reconnaître les signes
précurseurs de la maladie ce qui nécessite d’examiner l’ensemble
des ceps, repérer les malades pour ensuite les arracher.
Évidemment
cela requiert d’aller dans les vignes à pied et pas dans la cabine
du tracteur (raison pour laquelle les très grosses exploitations
préfèrent les traitements préventifs).
Ensuite replanter des
plants chauffés (ce que les pépiniéristes ne veulent pas tous
faire car la greffe tient moins bien) ce qui est le seul moyen
d’avoir des plants indemnes de maladie.
A partir du constat de l’augmentation des ceps malades et des populations de cicadelles il faudra malheureusement se résoudre à traiter mais en respectant des conditions draconiennes pour éviter de trop impacter la biodiversité.
Georges Baroni